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jeudi, avril 28, 2016

Un apaisement pour des agriculteurs de la Bouenza

Formés sur la gestion simplifiée, des planteurs de Nkayi et de Madingou ont effectué depuis décembre 2015, cinq courses à bord d’un véhicule appartenant à l’Agence d’aide à la coopération technique et au développement (Acted) à Brazzaville et Pointe-Noire pour aller vendre leurs marchandises. L’une des activités du projet Appui à la commercialisation et à la valorisation des produits agricoles des districts de Kayes  et Madingou » mise en œuvre par Acted, en partenariat avec AZUR Développement, avec l’appui financier de l’Union européenne. Des résultats mitigés ?

Une vue des participants pendant la formation sur la gestion simplifiée à Kayes
«La répartition des revenus (un chapitre du module 3) m’a vraiment intéressé vu que nous avions appris comment repartir les bénéfices. 30%, pour l’épargne, 40% pour l’activité agricole, et 30% réservés aux imprévus », a fait savoir Abel Goma Ossima, chef de groupement au village Kinguembo, un bénéficiaire de la formation  à la  gestion simplifiée, initiée par Acted, en partenariat avec AZUR Dév. Au cours de cette formation, la femme n’était pas restée en marge. Comme en témoigne Abel Goma Ossima « Sur la quarantaine qu’on était,  on pouvait retrouver 25 femmes. Elles n’étaient pas du tout complexées et participaient au débat avec beaucoup d’ardeur ». Un constat partagé aussi par Joseph Moulengo, chef de village et président du groupement Jeunes unis de Ngando : «Sur les 22 que nous étions au moins 18 avaient suivi la formation et les femmes étaient régulières ».

Cinq jours de formation était la durée requise ayant permis à quinze (15) groupes  homogènes composés des membres des groupements et des individualités de bénéficier une formation sur lesdits modules, en vue d’une meilleure productivité a lâché Hermann Nzaou, chef de ce projet. « Cette formation, je dirai, nous a revivifié  car il  nous a donné des techniques pour améliorer notre activité agricole », s’est renchérit Jean Félix Siloulou, secrétaire général du groupement Jeune unis de Ngando, convaincu que la formation est plus importante que le gain. Il ajoute : « Nous avons appris comment générer des bénéfices, comment exécuter les dépenses, comment savoir si notre activité progresse, comment faire la répartition des revenus entre les différents membres. Des notions qui vont visiblement transformer la marche de nos activités.»

De son côté, Marie Romaine Diabakana, diplômée sans emploi, cultivatrice depuis 2006 affirme : « J’ai compris que nous pouvons réaliser des grandes choses même en faisant l’agriculture mais pour en arriver là, il faudrait en saisir ces techniques». Particulièrement séduite lors de la session sur le montage de projets d’activités génératrice des revenus agricoles, Marie Romaine, une agricultrice qui compte intégrer la dynamique des groupements sou peu, témoigne : « Avant pour élaborer un projet, je consultais des gens. Et quand ceux-ci m’aidaient, ils m’exigeaient de les payer. Aujourd’hui, je suis capable de le faire seule et c’est un vrai acquis pour moi ».

Une idée partagée par Antoinette Kienda, reconnaissant ayant longtemps travaillé en solo, cette veuve, mère d’un enfant compte s’ouvrir aux autres et profiter davantage l’assistance sociale et technique  d’un collectif. « En fait, on croit tout connaître, mais cette formation m’a permis de voir un peu plus clair dans mes revenus. Aujourd’hui, après une vente, je m’efforce à mettre de côté des sous pour l’épargne et une autre tranche pour de nouveau investir lors d’une nouvelle récolte », a expliqué Antoinette Kienda, félicitant l’initiative d’Acted et d’AZUR Dév qui ont mis en place un dispositif pour faciliter l’écoulement des produits agricoles des paysans de Nkayi et de Madingou à Brazzaville et Pointe-Noire.

‘’ … Ils ne se feront plus dupés ‘’

« Au moins 10 à 15% du prix de la marchandise était inclut dans  le transport mais avec le véhicule d’Acted, nous payons 4.000 F CFA avec manutention incluse, par exemple le sac de foufou de Nkayi à Pointe- Noire et 3.000 F CFA Madingou-Brazzaville », confie Jean Félix Siloulou. Certains producteurs se disent soulager, à l’image d’Anne Mbouzi, une bénéficiaire du projet « Obtenir régulièrement des informations sur les prix de vente de la marchandise, nous permet de préparer nos voyages, et cela facilite l’écoulement de nos produits tout en les valorisant ». D’autres cependant estiment qu’il n’y a qu’une légère différence. « Avant, c’était des particuliers qui avaient le monopole de transport ici. Ils nous taxaient les prix selon leurs humeurs. Le sac de foufou par exemple était à 5.000 F CFA et les dépenses effectuées pour acheminer la marchandise étaient parfois trop élevées », se souviennent ces paysans.

Selon André Mbani, animateur de suivi des bénéficiaires du projet à Nkayi, nous avons la
L'équipe du projet sensibilisant les agriculteurs sur la formation
charge d’informer les paysans de Nkayi et de Madingou sur la variation des prix de produits à Brazzaville comme à Pointe-Noire. Nous avons commencé par l’envoi des SMS et des affiches au marché. Car c’est depuis août 2015 que la radio du conseil départemental publie les prix des produits agricoles pour permettre aux paysans de faire le choix d’aller vendre leurs produits soit à Brazzaville, soit à Pointe-Noire. « La 1ere course de Pointe-Noire, il y avait eu mévente des produits, mais celle de Brazzaville (2eme), les paysans ont fait des bonnes recettes en janvier. De décembre à aujourd’hui, les agriculteurs de Madingou ont effectué trois courses à Brazzaville et ceux de Nkayi ont effectué la 1ere course à Pointe-Noire et la 2eme à Brazzaville. Les paysans ne se feront plus duper sur les prix des produits agricoles », a martelé ce dernier.

Appelant les groupements agricoles de Nkayi et de Madingou à n’est plus se plaindre, le chef de village Ngando estime qu’il faut harmoniser les  prix des courses entre les deux districts.

Annette Kouamba Matondo









Elvie Rosine Batessila : « Plus on apprend, plus on a envie de faire de grandes choses…»

A Nkayi, Elvie Rosine  Batessila est l’une des rares femmes qui fait de l’agriculture reine. Elle a effectué récemment un premier voyage à bord d’un véhicule d’Acted pour aller vendre sa marchandise à Brazzaville. Une nouvelle expérience pour cette agricultrice.

«Avant cette formation, je ne savais pas comment repartir ma recette après la vente. Cette
Elvie Rosine
formation m’a permis de revoir ma gestion  en ce sens que j’arrive à faire des bénéfices que je n’atteignais pas auparavant
 », explique Rosine, membre du comité de gestion de commercialisation du district de Kayes qui a convoyé la 1ere course à Pointe-Noire. Une expérience qu’elle n’est pas prête d’oublier puisque cela « m’a permis de mettre en pratique ce que j’ai appris lors de la formation », a témoigné cette cultivatrice rêvant ouvrir un compte épargne.

A cheval entre Nkayi et Dolisie, cette mère de trois enfants, soufflant 39 bougies, n’a désormais qu’une idée en tête : celle d’émerger dans le domaine agricole. Son illusion s’est manifestée lors de la formation sur la gestion simplifiée : « Avant, quand je vendais ma marchandise, je mettais tout l’argent dans un même sac. Ce qui fait que j’utilisais une grande partie pour les charges ménagères et il arrivait que je touche au bénéfice… Et donc, je n’avais pas d’économie », a fait savoir Rosine, désormais plus attentive lors de la répartition de ses recettes de vente

Selon elle, aujourd’hui quand elle vend, elle se force à mettre de côté des sous, une autre tranche pour l’activité prochaine si elle doit acheter des semences, du matériel aratoire, payer la main d’œuvre par exemple, une autre épargne personnelle. Enfin, la dernière tranche, l’a sert et son mari dans la gestion du foyer. Visiblement satisfaite, Rosine affirme : « Je m’en sors plutôt bien et c’est aussi cela le but de ce projet, de voir nos activités agricoles émergées ».

‘’Cette formation m’a ouvert les yeux’’  

Même si ses attentes n’ont pas été atteintes lors du premier convoi qu’elle a escorté, la commerçante a tiré les leçons : « Quand on est arrivé à Pointe-Noire, il y avait pléthore du foufou et on a été obligé de descendre les prix. Ce qui fait que nous n’avons pas  obtenu le bénéfice attendu ». Un problème qui est en train d’être résolu comme en témoigné Elvie Rosine Batessila, cette mère de trois enfants, « Nous recevons régulièrement les coûts de vente des produits agricoles de (Pointe-Noire et Brazzaville) via nos téléphones. Donc, on a le temps de choisir notre destination en fonction de la variation des prix. Si à Brazzaville le sac de foufou est à 40.000 F CFA et qu’à Pointe-Noire il est à 30.000F CFA, je sais immédiatement où aller vendre ma marchandise», a expliqué Rosine.

Autre avantage qu’elle ne manque pas de souligner : « En plus de connaître régulièrement les prix de vente des marchandises,  Acted et AZUR Développement mettent à la disposition du district de Kayes un véhicule permettant aux producteurs agricoles de transporter leurs produits à moindre coût, y comprise la manutention. Je paye 4.000 F CFA le sac de foufou dans le véhicule d’Acted alors qu’il est fixé 5.500F CFA dans d’autres véhicules dont la manutention était à la charge des agriculteurs», confie la jeune femme qui n’a financièrement pas encore obtenu ce qu’elle désirait, mais confiante pour l’avenir « Cette formation m’a ouvert les yeux  et je ne compte pas en rester là. De plus en plus, j’ai envie de me déployer, je pense bien que d’ici peu, je vais aussi me lancer dans le maraîchage».
Soucieuse de transmettre ce qu’elle a appris aux autres, Rosine envisage créer un groupement uniquement constitué de femmes ou elle partagerait cette connaissance : «Plus on apprend, plus on  a envie de faire de grandes choses. Je n’ai pas eu de chance de faire des longues études parce que je n’étais pas soutenue, mais  avec cette formation, je compte bien en faire bénéficier aux femmes qui le désirent ».

Touche à tout, Rosine est une « entrepreneuse » née

Débrouillarde, elle possède un kiosque dans le village où elle travaille. Cette mère de trois anfants y vend les beignets, des produits alimentaires pour faciliter la vie des paysans en brousse. Aussi invite-t-elle les femmes à se mettre au travail. « Même si tu as un mari, il faut faire quelque chose. Tout peut arriver : divorce, mort du conjoint. Il faut se battre dans la vie. L’homme et la femme doivent se compléter, j’apporte un peu, mon époux apporte un peu. Ainsi l’homme te respectera », scande-t-elle, le sourire aux lèvres.

Bénéficiaire du projet « Appui à la commercialisation et à la valorisation des produits agricoles des districts de Nkayi et Madingou », piloté par l’Agence d’aide à la coopération technique et au développement (Acted), en partenariat avec AZUR Développement, avec l’appui financier de l’Union européenne, Rosine a arrêté ses études en classe de troisième, à cause des préjugés ancestraux de son père. Elle révèle : « Mon père répétait tout le temps que s’il nous laissait faire des longues études, il n’en bénéficierait pas. C’est ainsi qu’il a refusé de nous soutenir, prétextant que nous aiderons que notre mère. Une nature égoïste qui retarde très souvent l’émancipation économique de beaucoup de femmes ».


Annette Kouamba Matondo










Hermann Nzaou : « Sans fausse modestie, je peux dire que les résultats sont plutôt encourageants »

Le mauvais état de route, la distance entre le lieu de travail et le domicile, les conditions de travail rudimentaires, sont autant d’embarras qui ralentissent l’écoulement des produits des agriculteurs à Nkayi et à Madingou. Pour remédier à cette situation, le projet « Appui à la commercialisation et à la valorisation des produits agricoles des districts de Nkayi et de Madingou », un projet piloté par l’Agence d’aide à la coopération technique et au développement (Acted), en partenariat avec AZUR Développement, avec l’appui financier de l’Union européenne, se propose comme un épilogue. Hermann Nzaou, chef de projet, nous en parle.

Hermann Nzaou, chef de projet
Pouvez-vous nous parler du projet « Appui à la commercialisation et à la valorisation des produits agricoles des districts de Nkayi et de Madingou »?

H.N. : « L’appui à la commercialisation et à la valorisation des produits agricoles dans le département de la Bouenza particulièrement dans les districts de Nkayi et de Madingou » est un projet que nous coordonnons avec AZUR Développement via le Programme sucre, un programme financé par l’Union européenne.

C’est à quel but est né ce projet ?

H.N. : Le but du projet est de pouvoir limiter les risques de la sécurité alimentaire et de diversifier l’économie dans le département de la Bouenza. A l’origine, l’Union européenne avait signé un accord avec le gouvernement congolais en 2010, et cet accord consistait à rendre le sucre congolais plus compétitif sur le marché. Et parmi les activités de ce programme, il y avait une composante sur la diversification de l’économie dans le département de la Bouenza, dans le sens que les gens ne fondent pas leur espoir uniquement sur le sucre. C’est ainsi qu’Acted avec AZUR Développement ont répondu à cet appel à proposition de projet, où ils ont  proposé un projet pilote qui devrait appuyer les producteurs agricoles. Et parmi les activités de ce projet, nous avons des activités phares telle que la formation à la gestion simplifiée des activités des producteurs, le transport qui permet aux  bénéficières du projet de transporter leurs produits à des coûts très réduits.

Combien de temps a duré la formation ?

H.N. : La formation a duré cinq jours par session. Il y a eu dix sessions à Nkayi,  et il nous reste cinq sessions à Madingou. En fait, nous sommes à quinze sessions et pour tout le projet, nous devons en faire vingt. Ce sont des groupes de vingt personnes que nous formons. Maintenant avec l’impact des premières sessions, nous avons formé plus de bénéficiaires à Nkayi par rapport à ce qui était prévu.

Qu’on est-il sur le terrain. Est-ce que les résultats sont-ils encourageants ou il y a des couacs ?

H.N. : Sans fausse modestie, je peux dire que les résultats sont plutôt encourageants. C’est un projet qui se mène bien, et je suis certain que c’est un projet qui va atteindre ses objectifs. Il y a certes des problèmes sur le terrain, mais cela ne relève pas du projet, ce sont plutôt des problèmes d’ordre social. D’abord nous sommes dans une zone très paupérisée, et un grand nombre des bénéficières, notamment ceux du district de Nkayi ont des sérieux problèmes financiers. Ils ont certes des étendues de terres cultivables, mais  les sous leur font défaut. Mais je pense que c’est une situation qui va rapidement trouver une solution car cela ne révèle pas de nos compétences. Ils ont suivi une formation, ils savent maintenant comment gérer leurs fonds, comment gérer les bénéfices, que faire avec leurs bénéfices.

Sur les 200 bénéficières, il y avait combien de femmes ?

H.N. : 90 femmes ont été formées.

 Peut-on savoir comment  se fait le suivi concernant le transport des produits agricoles des bénéficières vers Brazzaville ou Pointe-Noire?

H.N. : Parmi les bénéficièresceux de Madingou ont bien pris le train en marche. A Nkayi, ils trainent encore les pieds. Mais en février tout cela va chambouler vu que nous rentrerons à la période des récoltes. C’est pour cela que nous envisageons mettre un deuxième véhicule sur la route dans la mesure où le trafic à Madingou est déjà très intense et on a parfois du mal à contenir toutes leurs marchandises. Imaginez vous que la majorité de nos bénéficières ont au moins un hectare de champ de manioc et cela revient à moins 60 à 100 sacs de foufous par personne donc, nous risquons d’être submergés.



 Propos recueillis par Annette Kouamba Matondo

jeudi, juillet 09, 2015

La pâtisserie, un métier qui redonne la vie aux femmes

Dans le cadre du projet « Accès aux soins, à la justice  et à l’appui économique des femmes et enfants victimes de violence domestique et  sexuelle », financé par l’Ambassade de France, des femmes victimes des violences conjugales, physiques ont subi une formation de 03 mois en pâtisserie, organisée par AZUR Développement à Nkayi. Objectif : les rendre autonome financièrement.  

Mercredi 21 janvier 2015. A 15h, au siège de l’association AZUR Développement au quartier Mwana Nto, dans l’arrondissement 2, six femmes étaient autour du formateur pour apprendre comment faire le mixage des ingrédients pour la fabrication d’un gâteau au lait. Selon le maître pâtissier, c’est un moment important dans la fabrication des gâteaux au lait ou autres types de gâteaux. Si quelqu’un veut faire un bon travail, le tout se passe au niveau de la combinaison des ingrédients, de la patte, du dosage et pendant la cuisson au four. « Je commence toujours mes formations en pâtisserie à Nkayi par des cours théoriques pour permettre aux apprenantes d’avoir un peu de théorie avant de passer à la pratique. J’exige à chaque apprenante d’avoir un cahier et stylo à bic pour prendre des notes parce qu’il y a plusieurs modules à enseigner aux apprenantes dans la pâtisserie. Les compositions chimiques changent des unes des autres », a expliqué le formateur.

Pour Gina Nzamba Mapembé, une apprenante en pâtisserie, habitant le quartier Mwana Nto, elle a bénéficié 3 mois de formation pour apprendre à faire les gâteaux à l’orange, au yaourt, au lait, à la madeleine, le croissant… En trois mois, elle était capable de faire tous ces gâteaux. Le formateur est un bon pédagogue et les choses sont faciles surtout au niveau de la pratique. D’après elle, en trois mois, quelqu’un est capable de maîtriser la pâtisserie s’il met le sérieux dans le travail. Rocha Honorine, une autre apprenante affirme « Par jour, je peux au minimum vendre les gâteaux à 1500 F cfa par jour. Je faisais des gâteaux avant, mais cette fois-ci, j’ai approfondi mon métier. Nous étions dix femmes faisant partie de la deuxième vague d’apprenantes en pâtisserie. A ce stade, nous sommes toutes capables de faire les gâteaux d’anniversaire et de mariage.»

Les fruits de la formation

De son côté, Sylvie Kialou, mère de deux enfants, elle aussi apprenante en pâtisserie n’a pas caché ses sentiments sur son apprentissage. La quarante révolue, elle est contente d’apprendre ce métier.  Aujourd’hui, elle a en quelque sorte une petite moyenne entreprise (PME) où elle fabrique des gâteaux à l’orange, au yaourt, à la banane pour vendre au service. Elle fait aussi la cuisine congolaise. Pour ce qui est de l’art culinaire congolais, elle a une kyrielle de mets parmi lesquels elle propose aux clients : le ragout de mouton, l’escalope, le poisson, etc. Policière de son état, cette formation lui a donné une autre image au niveau de sa corporation. En dehors de son statut de fonctionnaire, elle peut aussi compter sur la pâtisserie et la gastronomie. Selon Sylvie Kialou, ses collègues de travail lui doivent du respect maintenant qu’avant, vu ses initiatives aux allures d’une femme d’affaires.

Bien que les apprenantes ont eu à supporter leur formation à hauteur de 10.000 F cfa par mois, elles jugent que la formation a été impeccable du fait qu’elles ont eu une formation complète en pâtisserie leur donnant la possibilité de créer des petites moyennes entreprises ou des petites moyennes industrielles (PME/PMI). L’une des apprenantes en pâtisserie, sortie à la première vague, sous le sceau de l’anonymat, fait des affaires aujourd’hui dans la ville sucrière du Congo (Nkayi) parce qu’elle a su mettre en pratique ce qu’elle a apprise pendant cette formation de pâtisserie, couplée à l’art culinaire. « Je gère un restaurent en plein Nkayi où vous avez le service culinaire et de pâtisserie. Je me retrouve et je remercie AZUR Développement pour ça », a résumé cette dame d’affaires, très discrète.


Jean Thibaut Ngoyi



lundi, mars 30, 2015

L’apprentissage de métier, une thérapie pour les victimes des violences domestiques

Sur 15 jeunes filles victimes des violences domestiques, psychologiques, morales… à Nkayi, engagées à apprendre la coiffure en six mois, 11 maîtrisent le boulot à un mois de leur sortie. Incroyable, mais c’est vrai.

Au siège d’AZUR Développement, à Soulouka 2, un quartier de Nkayi, 11 jeunes filles apprenantes en coiffure sont en plein travaille. Assistées par leur formateur, cinq parmi elles apprennent à coiffer sur les têtes de leurs camarades dans un hangar de l’association. «Nous apprenons les coiffures sur les têtes des nos amies simplement pour apprendre, car s’il faut attendre les clients, on va traîner pour maîtriser la coiffure », a fait savoir Dorella, une victime de maltraitance en coiffure, 23 ans révolus.
La plupart des apprenantes en coiffure à Nkayi ont subit des violences domestiques, psychologiques, morales… Lydie Nzouzi kizimou, mère d’un enfant, une habitante du quartier aquarium (CQ10) et apprenante en coiffure témoigne : « mon mari m’avait abandonné avec  une grossesse de trois mois 3 mois. Je m’étais débrouillée seule à entretenir ma grossesse jusqu’à l’accouchement. Après ce choc psychologique, j’ai décidé aujourd’hui d’apprendre la coiffure pour qu’un jour ça m’aide à prendre en charge mon fils. En cinq mois d’apprentissage, je fais les coiffes du genre le chignon, le lock, le tissage.»
Pour André Migoua, formateur en coiffure, ne cachant pas sa langue dans la poche, estime que d’ici le 28 novembre 2014, nous aurons des soutenances. Elles vont avoir leur diplôme ou leur certificat de fin de formation leur permettant d’ouvrir leur propre atelier pour qu’elles s’exercent pour leur propre compte. C’est vrai qu’Il est difficile d’apprendre un métier en six mois, mais je fais des cours théoriques et pratiques. Si l’apprenante à la volonté, elle connaîtra le travail en six mois et elle sera capable d’exercer pour son propre compte. «Il y a une différence parce qu’elles sont capables de faire toutes les coiffes. Toutes les coiffures que vous avez vues sont faites par elles-mêmes. Elles font les coupes chinoises, carrées, les tissages rasés et bombés. Ça prouve qu’elles maîtrisent déjà le métier, car ce sont ces coiffures qui sont à la mode dans des ateliers », confie ce formateur de 25 ans de carrière en coiffure.

Le rêve des apprenantes

A en croire, chaque apprenante envisage à la fin de la formation d’avoir son atelier de coiffure, soit se constituer en groupe de deux ou de trois  personnes pour créer un atelier de coiffure. D’après une apprenante en coiffure, Dorella soufflant 23 bougies, son rêve c’est de faire son salon afin de devenir une grande femme parmi les femmes à Nkayi. Ce métier va sans douter changer ma vie. Je me bats à terminer ma formation pour que je sois aussi une femme respectable. Une autre apprenante la trentaine révolue, pense qu’au terme de la formation elle va avoir son propre atelier ou voir avec les autres comment travailler ensemble.
A un mois de la fin de leur formation, l’on ne peut plus remettre en cause leur talent. Leurs copines s’étonnent de la qualité de leur travail. C’est le cas par exemple de Dorella qui coiffe gratuitement ses copines à la maison dont la qualité du travail est appréciable. « En si peu de temps d’apprentissage, tu fais déjà des jolies coiffes de ce genre », s’est interrogée Mireille, sa copine du quartier Mwana nto.

« Redonner l’espoir aux filles par le métier » 

Le Diplomate français visite les apprenantes en coiffure à Nkayi
Victimes pour la plupart des violences domestiques, psychologiques, morales… elles paient 5.000 F cfa mensuellement à chacune contrairement ailleurs. Seulement, leur travail ne cesse de susciter de  l’admiration chez certaines filles, femmes, voire des garçons. Pour Jules Mabiala, c’est une bonne chose de former des jeunes filles aux métiers pour leur redonner le goût de la vie, mais aussi pour qu’elles deviennent autonomes.
Quant au formateur André Migoua, ça lui donne la joie quand quelqu’un apprend un métier parce que ça diminue la délinquance, la prostitution, de quémander de l’argent aux hommes. Et quand la femme ne fait rien, elle peut apprendre un métier pour être indépendante dans sa vie. Actuellement, elles sont au nombre de 11 qui vont soutenir le 28 novembre 2014 sur les 15 inscrites au départ.  
A titre de rappel, cette formation s’inscrit dans le cadre du projet : « Accès aux soins, à la justice et à l’appui économique des femmes et enfants victimes de violence domestique et sexuelle », mis en œuvre par AZUR Développement à Nkayi et à Pointe-Noire avec l’appui financier de l’Ambassade de France.

Jean Thibaut Ngoyi

« Les violences domestiques et sexuelles, un fléau intolérable à combattre »

L’association AZUR Développement a reçu le 30 octobre 2014 à son siège de Nkayi, dans le département de la Bouenza, son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France au Congo, Jean-Pierre Vidon. Objectif : visiter le guichet unique mis en place par AZUR Dév pour la prise en charge des victimes de violences domestiques et sexuelles faites aux femmes et aux filles.

14h 30mn. Sous un soleil radieux, c’est l’heure à laquelle que le diplomate français à foulé le pied dans l’enceinte de l’association AZUR Dév à Nkayi, accompagné d’une forte délégation française dont on peut noter la présence du Secrétaire général de la Saris, Monsieur le Consul général de France, le Conseiller économique, l’Attachée humanitaire, etc. Dès l’instant, le protocole a conduit ladite délégation en présence de la Directrice exécutive de cette organisation dans la salle du guichet unique où ils ont rejoint des autorités congolaises : le Maire de Soulouka 2, Eugène Nzaou, la Directrice départementale de l’intégration de la femme au développement de la Bouenza, Mme Damba née Mayouma Sabine et entre autres.
Après leur installation dans la salle avec acclamation de l’assistance, c’est la Directrice exécutive de l’association AZUR Développement, Sylvie Niombo qui a pris la parole pour leur souhaiter la bienvenue à Nkayi pour cette visite historique du guichet unique, avant d’ajouter que « Accès aux soins, à la justice et à l’appui économique des femmes et enfants victimes de violence domestique et sexuelle », est un projet financé par l’Ambassade de France.

Un fléau intolérable à combattre


Pour le Plénipotentiaire français, c’est un grand plaisir pour eux d’être à Nkayi pour se rendre compte de la mise en œuvre de ce projet auquel ils attachent beaucoup d’importance. Ce guichet unique mis en place par AZUR Développement est un projet que nous appuyons pour un montant de 21 millions de F cfa. Avec ce montant, il comprend qu’elle a déjà fait et va encore faire beaucoup de choses. « Les violences domestiques et sexuelles envers les personnes fragiles et vulnérables sont un fléau intolérable qu’il faut combattre. Chaque jour, dans le monde, des exactions sont commises à l’endroit des femmes et des enfants. Elles laissent des corps et des âmes profondément meurtris, voire brisés. Ces blessures sont intolérables et inacceptables …», a martelé dans son allocution son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France au Congo, Jean-Pierre Vidon.

Selon Ida Moussa, Coordonnatrice de projet, celui-ci s’inscrit dans le cadre des activités des associations AZUR Déve, ARIPS (à Pointe-Noire) et AFDB (à Nkayi) sur la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Pour elle, de mars à septembre 2014, les deux guichets uniques dont l’un est à Pointe-Noire et l’autre à Nkayi ont reçu 132 cas de violences sexuelle, physique, domestique, conjugale, morale, économique et faites aux enfants ; soit 52% de plaintes déposées à la police, gendarmerie et à la justice. Par exemple, pour la prise en charge économique, elle a fait savoir que « Nous avons formé 48 femmes et jeunes filles dont 17 sont en fin de formation sur les 150 prévues d’ici la fin du projet. Sur les premières apprenantes formées en pâtisserie, six exercent à titre personnel dont le revenu est estimé à 96.000 F cfa par mois. Une autre a trouvé du boulot à Saris Congo en pâtisserie-cuisine. Actuellement, nous sommes en train de préparer un plan d’accompagnement des apprenantes dans la rédaction d’un projet de vie professionnelle en cours (insertion, micro crédit, etc).»

Interpeller toutes les consciences ?
Du côté de Mme Damba née Mayouma Sabine, Directrice départementale de l’intégration de la femme au développement de la Bouenza, elle a rappelé que le Congo est signataire de plusieurs conventions internationales sur les droits humains et ne peut en aucun cas figurer parmi les pays qui méconnaissent l’importance des droits de l’Homme et, en fait, l’objet d’une préoccupation majeure au sein de notre communauté tant par des efforts des pouvoirs publics que de la société civile qui ne ménagent aucun effort pour garantir au mieux et dans la limite de leur possibilité la protection des droits humains. « C’est l’occasion d’interpeller la conscience nationale et celle des agents de la police nationale, la force publique afin que dans un élan de solidarité nous puissions tous contribuer à la promotion et à la protection des droits des femmes en général et en particulier la femme en tant que mère, épouse, éducatrice de la société », a dit cette dernière.


Jean Thibaut Ngoyi 

vendredi, mai 30, 2014

Une séropositive sur les cendres de l’entreprenariat

A Nkayi, dans le département de la Bouenza, une jeune fille mère séropositive, habitant Mwana Nto, un des quartiers de cette ville sucrière du Congo, est bénéficiaire d’un prêt d’une association pour mener une activité génératrice de revenu (AGR). Grâce à cet appui, elle gère aujourd’hui un moulin à foufou et bientôt celui du manioc...  

Recouverte de poussière de la farine du manioc de la tête jusqu’aux pieds, Tsimba a devant elle trois mamans

Un moulin à foufou fusionné à celui d'arachide d'une bénéficiaire à Nkayi


et deux enfants qui viennent pour écraser le foufou. Elle priorise les mamans et donne à chacune deux tonnelets pour morceler le foufou avant de démarrer la machine pour broyer le foufou. «Vite. Vite. Le temps passe. Je vais bientôt fermer le moulin… », fait savoir cette dernière aux clients. Même à 17 heures, il  y a toujours des clients qui viennent. D’après Tsimba, la gestionnaire du moulin à fou, il y a plus des clients le matin que les après-midi. Et à partir de 15 heures à 17h30, il y a l’afflux de clients. Elle est bénéficiaire pour la deuxième fois d’un prêt de la part de l’association AZUR Développement. Selon cette jeune fille mère, la vingtaine révolue, elle est bénéficiaire avec son mari d’un financement de 300.000 F cfa d’AZUR Développement. « Je rembourse sans problème ce qu’on me prête. C’est là où j’ai gagné la confiance de cette structure… », dit-elle.

Ce moulin à foufou existe il y a 2 ans de cela. Elle avait acheté le moteur et le réparateur lui a installé la machine à foufou. Au départ, elle vendait du charbon en détail et des divers devant sa parcelle. « J’ai commencé au départ à vendre le charbon de bois et des divers devant la parcelle. Je trouvais mon compte, mais une année et demi après, j’ai décidé de changer d’activité. C’est là où j’ai pensé me lancer dans un autre créneau notamment avoir le moulin à foufou. C’est désormais ma première activité», explique Tsimba. Selon cette bénéficiaire, elle avait complété un peu d’argent pour avoir cette machine à foufou. A côté de cette activité principale, elle vend toujours son charbon de bois. Cette jeune fille mère séropositive explique en ces termes « la machine à foufou est plus rentable. C’est mieux ici. Je réalise par jour les recettes de 3500 à 5000F CFA par jour, soit 60.000 et 65.000 F cfa par mois », se réjouit-elle.

 Sur les traces  de l’univers entrepreneurial
Cette séropositive est mère des trois enfants dont deux sont à l’école primaire. Elle les soutien grâce à cette activité. Elle est sur les traces de mettre sur pied une autre machine qui servira à pétrir du manioc afin de réduire le travail des femmes à Nkayi. « Après le moulin à foufou, j’ai mis une deuxième machine en marche, celle qui servira à écraser les arachides malheureusement, celle-ci était tombée en panne. Je l’ai donné en réparation depuis quelques mois. Actuellement, j’ai lancé une autre commande d’une machine qui permettra à pétrir le manioc. J’ai déjà tout payé mais c’est seulement le soudeur qui prend du temps sinon elle serait déjà opérationnelle », explique-t-elle. Son parcours suscite de l’admiration du côté des de la structure qui leur fait des prêts. Alida, la responsable aux recouvrements des activités génératrices de revenu (AGR) à l’association AZUR Développement, relate : « nous sommes fier de cette jeune fille qui ne cesse de progresser. Je crois que nous devons encore beaucoup la soutenir sur ce qu’elle fait avec son mari… »

Rembourser son prêt pour aider les autres
Pour ce qui est du remboursement, elle n’a pas des difficultés. Elle a déjà commencé à rembourser le capital puis, elle compte finaliser le remboursement de son prêt à la structure. D’après cette jeune fille mère séropositive de 03 enfants, quand on est bénéficiaire d’un financement, on doit être consciente de penser au remboursement du prêt pour que demain qu’on t’accorde un autre prêt. Elle remercie AZUR Développement pour ce soutien et souhaite que d’autres femmes infectées par le VIH/SIDA découvrent cette structure pour changer leur vie. De son côté, la responsable aux recouvrements de l’association AZUR Développement reconnaît que la plupart des bénéficiaires remboursent, même s’il y a certaines qui ont un peu de difficultés de rembourser dans le délai. « Jusque là, les activités génératrices de revenu marchent bien. C’est ce qui explique aujourd’hui que nous appuyons d’autres femmes chaque année. En 2013 par exemple, nous avons octroyé 28 AGR dans la Bouenza et six (06) dans la Cuvette centrale », martèle la responsable aux recouvrements des AGR.

Pour certaines femmes qui croisent encore les bras, cette dernière pense qu’une femme doit travailler. Une femme doit se battre et non restée seulement à la maison pour attendre tout de son époux. « J’interpelle les femmes oisives de chercher à faire n’importe quelle activité pour éviter d’être à la merci de tout homme… », conclut cette séropositive, mère de trois enfants.

Jean Thibaut Ngoyi

Les microcrédits, une voie pour redonner l’espoir aux femmes vulnérables

Dur, dur d’être veuve. A Nkayi, dans le département de la Bouenza, une veuve séropositive a retrouvé son espérance grâce à un prêt d’une association de femmes. Elle vend au marché. Malgré la maladie, cette dernière fait face à l’éducation de ses deux enfants et tient la route.  


Délaissée par sa belle famille, la veuve Victoire fait seule face désormais aux études de sa progéniture grâce à son activité de commerçante. «J’envoi chaque fin du mois une somme de 20.000 F CFA à mon son fils qui étudie à L’Université Marien Ngouabi. Ici à Nkayi, je loue une maison puis je m’occupe aussi de la scolarité de celui qui est au Lycée. Tout ça c’est seulement par mon activité de vendeuse au marché», avant d’ajouter « mon commerce a remplacé aujourd’hui mon mari ».

Une bénéficiaire d'AGR devant sa table de commerce au marché le village, à Nkayi


En dehors de la charge de ses deux enfants, cette veuve séropositive depuis près de 10 ans contribue également au niveau de sa famille quand il y a des problèmes. Selon cette veuve, elle donne ses cotisations quand il y a des problèmes des décès ou bien des maladies dans la famille. « Je vends des divers, l’huile et l’huile de palme au marché le village de Nkayi… Je réalise des recettes qui varient entre 15.000 et 20.000 F CFA par jour. Quand j’ai bien vendu, je peux atteindre 25.000 F CFA la journée », explique cette bénéficiaire, veuve de deux enfants. Pour certaines femmes qui la connaissent, elles la félicitent et avouent qu’elle est technicienne. Yvette, mère de quatre enfants, témoigne « je félicite ma collègue et je me demande comment elle parvienne à payer sa maison, à soutenir ses enfants rien que par son commerce… »

 Le respect des accords 
Bien que vendeuse au départ, mais elle a découvert AZUR Développement par l’intermédiaire d’une personne interposée qui lui a parlé de l’aide ou du soutien financier que cette organisation féminine accorde aux femmes vulnérables. « AZUR Développement a renforcé mon activité. J’ai au total bénéficié deux financements consécutivement de cette organisation, d’une valeur de 60.000 F CFA », avoue Victoire, une veuve séropositive.  

Elle gère deux comptes différents. D’une part, elle a un compte personne et de l’autre, elle gère le compte d’AZUR Développement (la créancière). Ces deux comptes sont gérés séparément. Pour elle, cette gestion lui permet de rembourser sans problème. Elle explique « je rembourse à temps et parfois même avant. Je gère à part tout ce j’achète avec l’argent d’AZUR Développement. Cela me permet d’avoir même déjà la moitié d’argent à rembourser au prochain mois

C’est une démarche qu’elle avait apprise pendant la formation sur la gestion financière d’une activité génératrice de revenu (AGR), initiée par ladite association avant d’octroyer les prêts aux bénéficiaires. Cette vendeuse en témoigne en ces termes « j’avais suivi une petite formation sur la gestion financière (comment gérer le cahier journal et comment épargner). C’est grâce à cette formation que je parvienne à bien faire ma comptabilité

Des entraves
Cette veuve séropositive connaît quelques difficultés dans son activité. D’après cette vendeuse, les choses ne marchent pas bien comme avant où elle pouvait vendre un bidon d’huile de 26 litres en trois jours. Là, c’est vraiment difficile de le faire. « D’habitude, l’argent circulait ici au marché mais ces derniers temps là, les choses ne marchent pas. Il n’y a plus des clients. Je ne sais pas s’il n’y a plus d’argent. En tout cas ça ne marche plus bien… », s’est plaint cette veuve, vendeuse depuis 1999 au marché le village de Nkayi.

En dépit de ses difficultés dont elle fait montre, l’initiative est salvatrice. Elle pense que ce n’est pas normal pour celle qui ne rembourse pas son prêt. « On devrait plutôt être consciente pour permettre à d’autres femmes d’en bénéficier aussi ses prêts. Car c’est la première organisation que je connaisse ici à Nkayi qui aide des femmes vulnérables », a-t-elle dit.

Jean Thibaut Ngoyi


Portrait : Clarisse, la locomotive de la famille


Vendeuse des yaourts hier et aujourd’hui, gestionnaire d’une alimentation couplée à une boucherie à Nkayi, dans le département de la Bouenza, Clarisse, séropositive de son état s’est lancée dans le mercantilisme pour tenter de sortir la tête hors de l’eau.

Une alimentation fusionnée à une boucherie d'une bénéciaire
À la coiffure naturelle comme une femme africaine, teint sombre, d’une taille d’environ 1,55 m, sourire aux lèvres…, Clarisse gère une alimentation couplée à une boucherie à Nkayi, dans le  quartier 10. Elle est séropositive depuis plus de 5 ans. « J’ai découvert AZUR Développement depuis 2009, voir 2010. Je ne faisais rien. Mais aujourd’hui avec leur aide financière que j’ai bénéficié, je puis dire que ma vie à changer. Je suis en liesse par rapport à ce que mon activité me génère comme fonds», explique avec pétulance cette bénéficiaire séropositive, mère d’un enfant.

On peut lire au dessus de la porte de son alimentation, peint en rouge –bleu, ‘’Ets Beni Saïra’’. Ce nom est significatif. Selon une voisine du quartier 10 rencontrée,  ‘’Béni Saïra’’ est un nom donné par ses amies à son fils parce qu’elle portait une grossesse qui avait beaucoup de complications et donc, à son accouchement, ses amies ont donné ce nom là au nouveau né. Dans le quartier, tout le monde aime acheter chez Clarisse. « Je vends des vivres, des yaourts, de cartes prépayées. J’ai une boucherie où vous pouvez trouver du poisson, du poulet, de viandes … Par mois, je peux réaliser un bénéfice de 45.000 F CFA», confie cette femme séropositive.

Cette bénéficiaire est beaucoup appréciée par la chargée aux recouvrements d’AZUR Développement. Clarisse en témoigne « c’est pour la troisième fois que je bénéficie les financements d’AZUR Développement. Le premier prêt était de 50.000 F CFA, le deuxième à 100.000 et le troisième à 100.000 F CFA », avant de poursuivre « ma situation sociale a véritablement changé. J’ai vendais des yaourts au départ. Aujourd’hui, je gère l’alimentation et la boucherie. C’est un progrès énorme pour moi.»

La clef du financement
C’est un record d’être financé par une organisation trois fois consécutivement. Selon cette bénéficiaire, cela se justifie par le fait qu’elle a gagné la confiance d’AZUR Développement, c’est-à-dire elle rembourse ses prêts sans problèmes et dans les délais. « Nous avons beaucoup de bénéficiaires qui remboursent dans les délais. Nous comptons beaucoup sur celles qui sont des modèles. Car celles-là sont prioritaires pour nos prochains financements. Donc, celle qui  respecte les accords, je me vois mal comment la structure ne va pas la financer la prochaine année. C’est donc le cas de Clarisse qui est une bénéficiaire consciente », a tambouriné Alida Badila, Assistante au projet VIH/SIDA à AZUR Développement Nkayi et chargée aux recouvrements des activités génératrices de revenu (AGR).

De son côté, Clarisse se dit que sa première préoccupation c’est d’abord le remboursement. Le délai de remboursement est de 9 mois et le pourcentage est de 10% sur le montant appuyé.

‘’Chef de famille’’
« Actuellement, je suis devenue comme le chef de famille. A chaque problème, je suis consultée, on vient me voir. Certaines de mes amies s’étonnent de moi et se demandent comment j’ai fait et quel est mon secret », nous a révélé cette séropositive. S’il y a encore d’autres femmes qui sont dans cette situation et qui sont passives, Clarisse pense qu’une « femme doit exploiter ses mains, chercher toujours à faire quelque chose pour que l’homme la respecte, la considère. Mais s’il faut attendre tout du mari, c’est vraiment difficile.»

Mais comment faire pour susciter un déclic pour celles qui sont encore oisives ?  Comme conseil,  cette bénéficiaire, mère d’un enfant propose à d’autres femmes de chercher à faire une activité. Cette séropositive de 39 ans pense que « pour les femmes qui ont le même statut que moi, je leur conseille de découvrir AZUR Développement afin de bénéficier cet avantage, cette perspicacité que je vienne d’avoir
Jean Thibaut Ngoyi



Les acteurs de la lutte contre le VIH/SIDA tracent la feuille de route pour 2014

La lutte contre le VIH/SIDA demeure un combat au quotidien. Début 2014, Dans le département de la Bouenza (Nkayi), des professionnels de santé et communautaire se sont retrouvés en atelier. But : élaborer les nouvelles stratégies pour le plan d’action 2014 dans le cadre de l’élimination de la transmission de mère à l’enfant (eTME).

Abrité dans la ville sucrière du Congo (Nkayi) en février 2014, cet atelier de planification sur l’eTME a pour objectifs : réviser les leçons apprises et les bonnes pratiques du projet en 2013 ;

Le communautaire associé au personnel de santé 
définir une nouvelle stratégie de suivi des femmes enceintes séropositives, leurs partenaires et leurs enfants ; définir une nouvelle stratégie de sensibilisation et dépistage du VIH orientée vers le suivi des couples et des ménages ; recadrer les actions menées en 2014 par zone d’intervention. Pour le Dr Essaï Boutandou, médecin chef à l’hôpital de base de Mouyondzi, il pense que « c’est très important que nous regardons ce que nous sommes capables de faire en termes d’eTME et d’élaborer le plan d’action 2014. Tous les éléments que nous avons rassemblés ici à Nkayi sont des éléments indispensables pour l’élaboration du plan d’action », poursuit-il « ce que nous disons ici, c’est sur la base des constats que nous vivons sur le terrain …»

Au Congo, c’est AZUR Développement et l’Association Femme Plus du Congo (AFPC) qui bénéficient de l’appui technique du pôle technique du Hub de l’Alliance Internationale du Burkina Faso depuis 2012 et de l’appui de Positive Action Children Fund (PACF). Cette activité est une suite logique de l’atelier régional des Ong PACF organisé par le Hub en décembre 2013 à Brazzaville. A cette occasion, des nouveaux outils et connaissances sur l’eTME communautaire ont été mis à la disposition des ONG/Associations. D’où, il est indispensable d’évaluer les actions menées après une année de mise en œuvre du projet puis de dégager de nouvelles stratégies pour atteindre les objectifs du projet.

Céline Mayouma, sage femme au Centre de santé intégré (CSI) Ex- Suco, une participante à cet atelier de planification sur l’eTME s’est réjouit parce qu’elle a beaucoup apprise notamment comment identifier les forces et faiblesses puis élaborer les stratégies pour améliorer le travail. Au CSI Armée du Salut, la sage femme Joséphine Mpaka, reconnaît une fréquence importante des femmes enceintes. «Des femmes enceintes acceptent volontiers de faire le dépistage grâce à l’information-éducation et communication (l’IEC). Après le conseling, je les oriente au laboratoire tout en les rassurant que quand vous allez faire le bilan, le test est systématique », a dit cette matrone.

D’épineux problèmes
Nombreux problèmes rendent la prise en charge des femmes enceintes opaque. L’on note par exemple la formation et l’insuffisance du personnel de santé comme un réel problème. D’après un médecin participant à cet atelier de planification, la formation du personnel doit s’accompagner d’une dotation des outils notamment des réactifs, du médicament, des supports pour remplir des rapports. Ce sont des éléments nécessaires. De son côté, le  Dr Essaï Boutandou, médecin chef à l’hôpital de base de Mouyondzi explique : « nous faisons des réunions d’inclusion entre nous. En 2013 par exemple, la direction départementale de l’hôpital de base de Madingou a organisé des réunions au cours de laquelle nous avons parlé de l’état de santé de la population et du VIH/SIDA (des PVVIH, de la PTME et de l’eTME).»  

Pour Nathalie Mafoua, sage femme à l’hôpital de base de Madingou, elle ne fait plus le dépistage parce qu’elle est en rupture des réactifs. L’hôpital est aussi confronté aux problèmes de ruptures des anti-rétro-viraux (ARV). Affectée par cette situation, cette matrone témoigne : « je reçois des femmes enceintes chaque lundi. Le nombre s’élève entre 50 et 60 femmes enceintes par mois.» Au CSI Armée du Salut, le constat est le même. Selon la sage femme Joséphine Mpaka, leur CSI connaît des ruptures des tests il y a des mois de cela. Elle s’interroge comment rattraper les femmes qui ont été consultées et celles qui ont déjà accouché dans la mesure où d’autres femmes nous parviennent parfois à la fin du deuxième ou troisième semestre de consultation ?

Il faut dire que cet atelier de planification de la Bouenza du 20 février 2014 avait rassemblé médecins, sages femmes, l’UDLS, PNLS et les OSC pour dégager des nouvelles orientations en ce qui concerne le plan d’action 2014. Une démarche appréciée par des participants, dont on peut lire sur les visages des participants. « C’est une relation de partenariat. Vous savez que les Ong ne peuvent rien sans la présence de l’UDLS, CNLS, et du secteur santé. Le problème du VIH/SIDA est un problème multisectoriel. On ne peut pas le prendre tout seul sinon qu’on n’arriverait pas à trouver de solutions efficaces. Cela signifie qu’il y a une volonté de réduire la contamination du sida», a expliqué Blandine Sita, présidente de l’Association Femme Plus du Congo.


Jean Thibaut Ngoyi

vendredi, novembre 29, 2013

Les Communautaires et professionnels de santé s’unissent pour lutter contre le VIH/SIDA

L’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (eTME) et le planning familial sont des questions vitales auxquelles des organisations de la société civile congolaise, de la RDC, du Burkina Faso, des professionnels de santé, Conseil national de lutte contre le sida, etc. se sont réunis en atelier à Brazzaville du 03 au 04 septembre 2013. Objectif : échanges d’expériences.

« Ça été un véritable partage du donner et de recevoir. Je pense que c’est une bonne manière de faire les choses. Si on peut répéter souvent ce genre d’atelier, ça sera bien parce que je suis venu ici partager mon expérience et recueillir celles des autres », témoigne Jérôme Sawadogo, Coordonateur de l’Association pour la rééducation fonctionnelle. Il poursuit « il y a des très bonnes expériences ici au Congo Brazzaville et en RDC en matière de la stratégie avancée sur le dépistage du VIH, c’est –à – dire le dépistage mobile (dans des quartiers, ménages) qui rapproche l’offre de service à la population locale. C’est une expérience que j’ai vue ici, et que je ramène chez moi.»

L’atelier d’échanges sur l’implication des communautaires dans l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (eTME), tenu à Brazzaville, a pour objectifs : partager les expériences d’eTME Communautaire réalisées dans la Cuvette centrale, la Bouenza et la Lékoumou ; discuter d’une stratégie d’eTME communautaire adaptée aux réalités de l’intérieur du pays ; et renforcer le mécanisme de suivi des projets d’eTME communautaire. Heidy Kapinga, chargée provinciale de la Prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) / Programme national de lutte contre le sida en RDC (Kasaï Oriental), a beaucoup aimé cet atelier. Pour elle, c’est important d’échanger surtout quand on travaille dans un même domaine, de connaitre ce qui se passe ailleurs. Elle explique « cet atelier nous a permis d’échanger les expériences selon les trois pays (le Burkina Faso, le Congo et la RDC) qui étaient représentés à Brazzaville. Ces échanges ont aussi permis à chacun ou au pays représenté de capitaliser les bonnes stratégies des uns et des autres. Ça été un des points forts de l’atelier »


L’union fait la force !

Il faut dire que cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet des organisations congolaises AZUR Développement et l’Association Femme Plus du Congo (AFPC) qui ont mis en œuvre un programme de lutte contre le VIH/SIDA dans les départements ci-dessus. Ces activités incluent la prévention contre le VIH/SIDA, l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (eTME), la prise en charge psycho sociale des femmes vivant avec le VIH/SIDA, leurs partenaires, et enfants. A cela s’ajoute l’appui économique à travers un fonds de micro crédits, ainsi que la sensibilisation sur la loi sur le VIH/SIDA.

Pour le Dr William Poaty, responsable des activités de santé au Conseil national de lutte contre le sida, la pratique communautaire est un point très important dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH). Nous sommes ici en atelier pour regarder comment recadrer certaines choses par rapport aux nouvelles avancées en matière de la prise en charge des PVVIH. « Depuis 2 ans, nous n’organisons plus des formations pour mettre à niveau des médecins prescripteurs. Je crois qu’avec tout ce que nous constatons sur le terrain, il y a lieu d’organiser ce type de formation dans les différents départements du Congo pour impliquer tous les médecins en charge des activités de prise en charge », a martelé le Dr William Poaty, avant d’ajouter « nous devons atteindre les objectifs auxquels nous sommes fixés, d’éviter des nouvelles infections, mais également tous les décès et la discrimination pour un suivi régulier et correcte de nos patients ». D’après lui, en termes de mise en route de traitement anti rétroviral chez les femmes enceintes au Congo, on  tourne autour de 20% en 2012, ce qui était autour de 7% en 2007.

Antoine Moubouha, Dr. à l’hôpital de Madingou, reconnaît de son côté que quand la femme enceinte est dépistée séropositive à l’hôpital de Madingou, elle va accoucher ailleurs. Ainsi, il est difficile de résoudre ce problème. Cet espace est pour lui, la bienvenue pour relancer le plaidoyer sur la formation de son personnel soignant. Il a besoin d’appui de ses infirmiers pour un accompagnement. Il révèle que « les enfants qui ont le VIH et qui arrivent à l’hôpital de Madingou sont très affaiblis. Le dépistage du sida pédiatrique se fait très en retard ». Pour le Dr Poaty, le VIH est venu nous montrer nos limites dans le domaine de la santé. Il précise qu’« en matière du VIH pédiatrique, l’historique est nécessaire. Elle permet de remonter l’information à partir de la maman et mettre déjà l’enfant sous traitement. l’OMS recommande que tout enfant de zéro à 05 ans séropositif soit mis systématiquement sous traitement.»

Un travail de longue haleine

Pascaline Niombo, chargée de bureau d’AZUR Développement à Nkayi, a apprécié cet atelier par rapport aux expériences des autres pays dans l’atteinte des résultats puis au niveau de la stratégie utilisée. Pour elle, réunir toutes les parties prenantes en matière du VIH/SIDA est une bonne approche de sorte que, chaque partie prenante puisse faire ressortir les difficultés rencontrées pour qu’ensemble, on puisse trouver les goulots d’étranglement et chercher des pistes de solution pour remédier à cela.  

Organisé par AZUR Développement et l’Association Femme Plus du Congo, en partenariat avec l’Alliance appui technique avec l’appui financier de Positive Action Children Fund (PACF), les discussions a cet atelier ont porté sur les forces et faiblesses, les leçons à tirer de ces expériences de collaboration entre communautaires et unité de lutte contre le sida dans des hôpitaux, du Conseil national de lutte contre le sida, l’UNICEF, des chefs de centre d’intégré de santé…

Parmi les communications, l’ont peut cite : la prise en charge psychosociale des femmes et hommes vivant avec le VIH par les communautaires à Makoua ; l’amélioration de la qualité de vie des personnes affectées et infectées par le VIH par le biais des activités génératrices de revenus dans la Bouenza ; l’expériences de soins et soutien aux femmes enceintes séropositives, leurs enfants et leurs familles; l’expérience d’accompagnement des ONG PACF ; la prévention des grossesses non désirées chez les patientes séropositives ; les causeries éducatives sur le désir d’enfants et le planning familial pour les jeunes filles et femmes séropositives à Makoua ; l’expériences de planning familial pour les femmes séropositives et leurs partenaires, etc.

Des orphelins du sida

Certains participants ont reconnu que la victoire n’est pas totalement acquise. Il y a encore des limites. « Nous sommes conscients des barrières qui existent çà et là. Mais je pense que c’est un travail de partenariat. Il y a des actions que des décideurs politiques doivent mener, des actions que des systèmes de santé doivent mener et il y a aussi des actions que nous communautaires devant mener pour vaincre des barrières », a explique Emma Tsoulou, présidente de l’Association Femme Solidaire. Quant à Blandine Sita, présidente d’AFPC, elle n’a  pas oublié des défis à relever concernant le PVVIH. « Nous sommes des femmes, mais nous sommes condamnées à nous battre parce que c’est la femme qui porte l’enfant. Cet enfant qui naît séropositif, c’est le souci de cette femme là qui, après avoir souffert, voit son enfant mourir par la suite », a lâché dans son discours de clôture Blandine Sita. Elle poursuit : « voyons plein d’enfants dans la rue, ce sida qui engendre des orphelins. Et pour des orphelins du sida, on dit toujours ce sont des cadeaux et ils sont jetés dans la rue. C’est une douleur pour nous. Voilà pourquoi, c’est un combat acharné. Nous devons nous lever pour vaincre ce fléau »

Jean Thibaut Ngoyi