vendredi, novembre 29, 2013

Les Communautaires et professionnels de santé s’unissent pour lutter contre le VIH/SIDA

L’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (eTME) et le planning familial sont des questions vitales auxquelles des organisations de la société civile congolaise, de la RDC, du Burkina Faso, des professionnels de santé, Conseil national de lutte contre le sida, etc. se sont réunis en atelier à Brazzaville du 03 au 04 septembre 2013. Objectif : échanges d’expériences.

« Ça été un véritable partage du donner et de recevoir. Je pense que c’est une bonne manière de faire les choses. Si on peut répéter souvent ce genre d’atelier, ça sera bien parce que je suis venu ici partager mon expérience et recueillir celles des autres », témoigne Jérôme Sawadogo, Coordonateur de l’Association pour la rééducation fonctionnelle. Il poursuit « il y a des très bonnes expériences ici au Congo Brazzaville et en RDC en matière de la stratégie avancée sur le dépistage du VIH, c’est –à – dire le dépistage mobile (dans des quartiers, ménages) qui rapproche l’offre de service à la population locale. C’est une expérience que j’ai vue ici, et que je ramène chez moi.»

L’atelier d’échanges sur l’implication des communautaires dans l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (eTME), tenu à Brazzaville, a pour objectifs : partager les expériences d’eTME Communautaire réalisées dans la Cuvette centrale, la Bouenza et la Lékoumou ; discuter d’une stratégie d’eTME communautaire adaptée aux réalités de l’intérieur du pays ; et renforcer le mécanisme de suivi des projets d’eTME communautaire. Heidy Kapinga, chargée provinciale de la Prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) / Programme national de lutte contre le sida en RDC (Kasaï Oriental), a beaucoup aimé cet atelier. Pour elle, c’est important d’échanger surtout quand on travaille dans un même domaine, de connaitre ce qui se passe ailleurs. Elle explique « cet atelier nous a permis d’échanger les expériences selon les trois pays (le Burkina Faso, le Congo et la RDC) qui étaient représentés à Brazzaville. Ces échanges ont aussi permis à chacun ou au pays représenté de capitaliser les bonnes stratégies des uns et des autres. Ça été un des points forts de l’atelier »

L’union fait la force !

Il faut dire que cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet des organisations congolaises AZUR Développement et l’Association Femme Plus du Congo (AFPC) qui ont mis en œuvre un programme de lutte contre le VIH/SIDA dans les départements ci-dessus. Ces activités incluent la prévention contre le VIH/SIDA, l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (eTME), la prise en charge psycho sociale des femmes vivant avec le VIH/SIDA, leurs partenaires, et enfants. A cela s’ajoute l’appui économique à travers un fonds de micro crédits, ainsi que la sensibilisation sur la loi sur le VIH/SIDA.

Pour le Dr William Poaty, responsable des activités de santé au Conseil national de lutte contre le sida, la pratique communautaire est un point très important dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH). Nous sommes ici en atelier pour regarder comment recadrer certaines choses par rapport aux nouvelles avancées en matière de la prise en charge des PVVIH. « Depuis 2 ans, nous n’organisons plus des formations pour mettre à niveau des médecins prescripteurs. Je crois qu’avec tout ce que nous constatons sur le terrain, il y a lieu d’organiser ce type de formation dans les différents départements du Congo pour impliquer tous les médecins en charge des activités de prise en charge », a martelé le Dr William Poaty, avant d’ajouter « nous devons atteindre les objectifs auxquels nous sommes fixés, d’éviter des nouvelles infections, mais également tous les décès et la discrimination pour un suivi régulier et correcte de nos patients ». D’après lui, en termes de mise en route de traitement anti rétroviral chez les femmes enceintes au Congo, on  tourne autour de 20% en 2012, ce qui était autour de 7% en 2007.

Antoine Moubouha, Dr. à l’hôpital de Madingou, reconnaît de son côté que quand la femme enceinte est dépistée séropositive à l’hôpital de Madingou, elle va accoucher ailleurs. Ainsi, il est difficile de résoudre ce problème. Cet espace est pour lui, la bienvenue pour relancer le plaidoyer sur la formation de son personnel soignant. Il a besoin d’appui de ses infirmiers pour un accompagnement. Il révèle que « les enfants qui ont le VIH et qui arrivent à l’hôpital de Madingou sont très affaiblis. Le dépistage du sida pédiatrique se fait très en retard ». Pour le Dr Poaty, le VIH est venu nous montrer nos limites dans le domaine de la santé. Il précise qu’« en matière du VIH pédiatrique, l’historique est nécessaire. Elle permet de remonter l’information à partir de la maman et mettre déjà l’enfant sous traitement. l’OMS recommande que tout enfant de zéro à 05 ans séropositif soit mis systématiquement sous traitement.»

Un travail de longue haleine

Pascaline Niombo, chargée de bureau d’AZUR Développement à Nkayi, a apprécié cet atelier par rapport aux expériences des autres pays dans l’atteinte des résultats puis au niveau de la stratégie utilisée. Pour elle, réunir toutes les parties prenantes en matière du VIH/SIDA est une bonne approche de sorte que, chaque partie prenante puisse faire ressortir les difficultés rencontrées pour qu’ensemble, on puisse trouver les goulots d’étranglement et chercher des pistes de solution pour remédier à cela.  

Organisé par AZUR Développement et l’Association Femme Plus du Congo, en partenariat avec l’Alliance appui technique avec l’appui financier de Positive Action Children Fund (PACF), les discussions a cet atelier ont porté sur les forces et faiblesses, les leçons à tirer de ces expériences de collaboration entre communautaires et unité de lutte contre le sida dans des hôpitaux, du Conseil national de lutte contre le sida, l’UNICEF, des chefs de centre d’intégré de santé…

Parmi les communications, l’ont peut cite : la prise en charge psychosociale des femmes et hommes vivant avec le VIH par les communautaires à Makoua ; l’amélioration de la qualité de vie des personnes affectées et infectées par le VIH par le biais des activités génératrices de revenus dans la Bouenza ; l’expériences de soins et soutien aux femmes enceintes séropositives, leurs enfants et leurs familles; l’expérience d’accompagnement des ONG PACF ; la prévention des grossesses non désirées chez les patientes séropositives ; les causeries éducatives sur le désir d’enfants et le planning familial pour les jeunes filles et femmes séropositives à Makoua ; l’expériences de planning familial pour les femmes séropositives et leurs partenaires, etc.

Des orphelins du sida

Certains participants ont reconnu que la victoire n’est pas totalement acquise. Il y a encore des limites. « Nous sommes conscients des barrières qui existent çà et là. Mais je pense que c’est un travail de partenariat. Il y a des actions que des décideurs politiques doivent mener, des actions que des systèmes de santé doivent mener et il y a aussi des actions que nous communautaires devant mener pour vaincre des barrières », a explique Emma Tsoulou, présidente de l’Association Femme Solidaire. Quant à Blandine Sita, présidente d’AFPC, elle n’a  pas oublié des défis à relever concernant le PVVIH. « Nous sommes des femmes, mais nous sommes condamnées à nous battre parce que c’est la femme qui porte l’enfant. Cet enfant qui naît séropositif, c’est le souci de cette femme là qui, après avoir souffert, voit son enfant mourir par la suite », a lâché dans son discours de clôture Blandine Sita. Elle poursuit : « voyons plein d’enfants dans la rue, ce sida qui engendre des orphelins. Et pour des orphelins du sida, on dit toujours ce sont des cadeaux et ils sont jetés dans la rue. C’est une douleur pour nous. Voilà pourquoi, c’est un combat acharné. Nous devons nous lever pour vaincre ce fléau »

Jean Thibaut Ngoyi





mercredi, septembre 25, 2013

« La formation sur le Web 2.0 : un échange horizontal entre experts »


Ingénieur en agroalimentaire, spécialiste dans la transformation et la valorisation des agro ressources tropicales, Evard Davy Silou Koukodila a participé à la mise en œuvre d’une plateforme de la formation elearnig avec le CNAM de Nantes, à la mise en œuvre d’une ligne pilote de fabrication de jus de fruit avec le MAE Français. Il est aussi ingénieur en système d’information et en architecture réseau. Il exerce dans les TCI depuis 10 ans. Un des formateurs à la formation sur le Web 2.0 et atelier d’échanges, organisée par le CTA en collaboration avec AZUR Développement  du 16 au 20 Septembre 2013 à Brazzaville, il nous a livré une interview au terme de la formation.

Vous avez été un des formateurs sur la formation sur le Web 2.0 et un atelier d'échanges du projet ARDYIS. Comment avez-vous trouvez le niveau des participants ?

Avant de répondre à cette question, je souhaite d’abord louer l’initiative conjointe entre le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) et AZUR Développement qui ont manifesté l’envie d’introduire ce genre de formation dans un environnement qui est loin de remplir les conditions de la formation et de la mise en œuvre du Web 2.0. Ma participation a été particulièrement sur la valorisation des outils du Web 2.0 dans le développement d’une activité agricole afin de voir comment une activité agricole peut avoir davantage visible, mieux vendue sur la toile et connue par le large public  internet qui puisse exister non seulement au Congo, en Afrique et dans le monde.

Je souhaiterai ici souligner le niveau très appréciable des apprenants qui ont participé à cette formation parce que, c’est d’abord des professionnels, c’est des gens qui connaissent bien leur domaine et c’est des gens qui ont besoin d’exceller, d’être efficace, d’être international en utilisant les outils du Web 2.0. Les outils du Web 2.0, c’est l’utilisation efficience et efficace d’une fonctionnalité ou d’un service comme Google et c’est aussi l’utilisation des outils très connus des Réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Comment est ce que ces outils qui, de prime à bord, peuvent paraître comme des outils de loisirs et peuvent être efficaces, peuvent être des outils de réseautage et d’apprentissage dans les domaines respectifs des uns et des autres. C’est le cas échéant dans le développement agricole en Afrique. Voilà un peu ce que je peux dire en termes de qualité de formation, en termes de choix de formation et en termes de niveau de participation des apprenants.

Quel est le lien qu’on peut faire entre le Web 2.0 et le domaine agricole ?  
Le domaine agricole ou l’agriculture est un domaine classique de transformation des produits agricoles, de valorisation des produits agricoles qui est connu de tous et qui a des spécificités. Le Web 2.0 ce sont des outils qui ne nécessites pas d’avoir des prés-requis, des outils informatiques, des outils ergonomiques, ils peuvent être utilisés par n’importe quel domaine de compétence : en finances, en agriculture et bien d’autres domaines. Ces sont des outils transversaux qui permettent à un expert d’optimiser son travail, d’être beaucoup plus visible et d’être pertinent non seulement au niveau de son environnement immédiat mais sur la toile internet, puis qu’on parle de la globalisation aujourd’hui.

Au fait, c’est quoi le Web 2.0 ?

Alors, le Web 2.0 ce sont des outils personnalisables intuitifs et utilisables par déclic, par de pointés déposés, par de copier-coller qui sont des bases d’un internaute novice. C’est ça la particularité du Web 2.0 par rapport au Web 1.

En tant que l’un des formateurs à cette formation sur le Web 2.0, quelle  leçon pouvez-vous tirer au terme de cette celle-ci ?

Ce que j’aimerais préciser, c’est que j’ai été formateur, mais j’avais en face de moi des apprenants et non des élèves. La différence c’est que un apprenant c’est déjà un expert dans un domaine pointu et qui souhaite renforcer ses compétences dans un domaine spécifique dans notre cas, le Web 2.0 ou l’interactivité entre le Web et l’agroalimentaire, la question que j’ai traitée. Pour moi cette formation sur le Web 2.0 a été un échange horizontal entre experts, un enrichissement réciproque et je sors de là très satisfait.


Propos recueillis par Jean Thibaut Ngoyi